Jumanji : Bienvenue dans la jungle (2017)

Le destin de quatre lycéens en retenue bascule lorsqu’ils sont aspirés dans le monde de Jumanji. Après avoir découvert une vieille console contenant un jeu vidéo dont ils n’avaient jamais entendu parler, les quatre jeunes se retrouvent mystérieusement propulsés au cœur de la jungle de Jumanji, dans le corps de leurs avatars. Ils vont rapidement découvrir que l’on ne joue pas à Jumanji, c’est le jeu qui joue avec vous… Pour revenir dans le monde réel, il va leur falloir affronter les pires dangers et triompher de l’ultime aventure. Sinon, ils resteront à jamais prisonniers de Jumanji…

Réalisation de Jake Kasdan

Avec Dwayne Johnson, Jack Black, Kevin Hart, Karen Gillan

Durée : 1h59

Sortie en salles obscures : 20 décembre 2017

C’est dans l’ADN d’un remake de créer la polémique lors de son annonce, surtout lorsqu’il fait partie de l’enfance de toute une génération. Sorti en 1995, Jumanji avec feu-Robin Williams était l’adaptation du livre pour enfants éponyme de Chris Van Allsburg publié en 1981. Magicien du merveilleux et des effets visuels, Joe Johnston fait de ce film un divertissement très efficace pour petits et grands dont la 150e rediffusion un après-midi de fêtes de fin d’année est devenue un classique. S’ensuit une série animée, un vrai jeu de société (vous savez quoi nous offrir à Noël) et même des jeux-vidéo.
En 2017, Sony déguise cette idée de remake en pseudo-suite, mais en fait surtout un « Dwayne Johnson Movie » drivé par la superstar planétaire du catch et de Fast And Furious, dont le poids en dollz équivaut à celui de sa masse musculaire. Certes l’équipe est mise en avant, mais « The Rock » la mène comme Baywatch plus tôt cette année avec force, honneur et… second degré.

Exit le jeu de plateau mythique, bonjour le jeu vidéo ! Via cette petite pirouette scénaristique, Jumanji version 2017 devient un video game movie reprenant à sa sauce les codes vidéoludiques dans une sorte de Spy Kids 3D (TMTC), avec deux à trois fois plus de budget – n’oublions jamais qu’en 2013 la Miramax avait claqué 38 millions de dollars dans un film ayant relancé l’industrie du Doliprane. On connaît la frilosité des joueurs pour le regard hautain et cliché qu’Hollywood porte habituellement sur eux, ici il n’en est rien ! Plutôt malin, le long-métrage s’en sert à but comique sans jamais être irrespectueux dans un body-swap frais et original, structurant ses péripéties en fonction : très ludique, le système des « vies » , de niveaux et capacités des personnages enrichissent le film d’enjeux comiques et dramatiques. Moins sombre et étrange que le film original, Jumanji : Bienvenue dans la Jungle tire sa force dans la comédie et ses vannes parfois répétitives mais efficaces.

Le terrain de jeu est alors parfait pour ce casting finalement très exubérant : Dwayne Johnson balance de la punchline à tout-va, Kevin Hart side-kicke à mort (oui, du verbe « side-kicker »), Karen Gillan affine son potentiel comique dément et apporte une fraîcheur folle, puis Jack Black revient en force comme il sait faire. Bobby Canavale a quand à lui la manette Joueur 2 affichant « batterie faible », lui qui cabotine en méchant le plus ridicule et platement écrit vu depuis… Justice League. Paie tes enjeux.

Dans cette époque de lissage hollywoodien total (re-coucou Justice League), il est étrange d’apprécier un film de producteurs financé pour des raisons opportunistes, très calibré, où rien ne dépasse. Certes vite vu, vite oublié, Jumanji reste une comédie d’aventure de qualité qui se suit avec plaisir et pour lequel on se surprend à rire bêtement. C’est aussi ça la force d’un Dwayne Johnson Movie : transpirer le cool et détendre facilement.

Cinéphile infiltré dans l'industrie du ciné. In David Fincher we trust.

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