Les Dents de la mer

Réalisation de Steven Spielberg

Avec Roy Sheider, Robert Shaw, Richard Dreyfuss, Lorraine Gary

Sortie en salles obscures : 28 janvier 1976

Durée : 2h10

Diffusion : 22 octobre 2017, Arte, 20h55

 

Ce soir la chaîne franco-allemande vous donne rendez-vous sur une plage absolument pas abandonnée, jonchée de cadavres d’hommes, de coquillages et même de crustacés.

Sortez brassards, harpon et masque de plongée, un crawl de l’enfer vous attend dans une mer pleine de dents.

À la veille du jour de fête nationale et alors que la petite ville d’Amity se prépare a accueillir les juilletistes le cadavre d’une jeune fille déchiqueté est retrouvé. Hélice ? Accident maritime ? Moule meurtrière ? Le shérif fraîchement débarqué de New-York a déjà une petite idée de qui a tué… Bien décidé à sauver la population, l’homme de justice va tout faire pour protéger les vacanciers, quitte à fermer la plage et flinguer business et vacances d’été. Mais la passion du « protect and serve » va se voir contrée par les huiles de l’île qui se foutent de la sécurité des gens, bien plus intéressés par l’argent. Téméraire et procédurier, le shérif entouré d’un océanographe et du thug des marin-pêcheur va se lancer dans la quête de la vérité et trouver cet enfoiré de requin affamé.

En ce premier week-end de vacances de la Toussaint Arte se met en mode été indien et vous refait vivre le mois de juillet en octobre (timing mûrement réfléchi histoire de ne pas couler le chiffre d’affaire de la Côte d’Azur) avec le cultissime Les Dents de la mer. Le deuxième long-métrage de Steven Spielberg a permis au pape d’Hollywood de connaître gloire et succès, première brique de l’édifice de la notoriété qui n’a cessé de croître depuis.

Si l’histoire de ce requin des années 70 déterminé à foutre le zbeule pendant les vacances d’été est aussi sympathique à re(rererererererere)garder c’est parce qu’elle a l’art de conjuguer plusieurs genres au même temps. La jeune patte spielberguienne a encore toute sa candeur et son ironie, faisant de cette espèce de film d’horreur un conte tout de même familial. Son talent de découvreur d’enfants mignons et sa capacité à mettre en scène une ribambelle d’adultes passablement déglingués est d’autant plus jouissif dans la mesure où la part d’ombre du récit est sacrément sombre, puisque l’on assiste à une série de meurtres sanguinolents comme il faut. Loin des gnangnans agaçants que l’on peut retrouver tout au long de sa filmographie, le réalisateur trouve la façon juste de combiner horreur, thriller et comédie. Chaque plouf fait battre le coeur du spectateur tandis que l’hystérie des personnages tendances Agatha Christie divertit. Traité comme dans un vrai film policier, l’enquête, aider par les effets sonores et la rougeur du sang, tient étonnamment en haleine. Le requin, ou du moins sa présence, car jamais montré avant la fin, est personnifié et humanisé faisant de lui le public ennemy au même titre que n’importe quel serial-killer qui se respecte.

En plus de toutes ces réjouissances suspenso-aquatiques Les Dents de la mer offre une petite plongée dans le passé à l’ère bénie des lunettes de vue délirantes rendant les hipsters d’aujourd’hui vert de jalousie. Une époque où les gens de pouvoir aimaient se vêtir de costumes à imprimés décadents (ex : encres marines) et où les femmes étaient maquillées de jour comme de nuit.

Alors même si c’est pour la cent cinquantième fois, ne manquez pas le rendez-vous avec ce requin peu aimable  en manque de protéine, bien décidé à détruire les codes du vegan et du gluten-free (les gens en ce temps étant encore remplis à ras-bord de cette délicieuse substance).

 

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