Sleepy Hollow : La légende du cavalier sans tête

Réalisation de Tim Burton

Avec Johnny Depp, Christina Ricci, Christopher Walken, Miranda Richardson, Michael Gambon, Marc Pickering

Sortie en salles obscures : 9 février 2000

Durée : 1h45

Diffusion : 3 décembre 2017, Arte, 20h50

En ce premier dimanche de décembre, alors que le thermomètre avoisine les –56 ° C et que de la neige pourrie vous trouble la vue tandis que les néons des magasins exceptionnellement ouverts clignotent au point de vous aveugler, l’heure de la remise en question dominicale a sonné, comme tous les septièmes jours de la semaine que Dieu fait. Ai-je trop consommé de vin chaud hier ? Ai-je trop bu de vin froid ? Ai-je trop forcé sur le vin à température ambiante ? Est-ce que la tequila est vraiment la bonne solution pour se réchauffer ? Tant d’interrogations qui se mélangent aussi mal que les alcools que vous avez ingurgités la veille et qui n’aident en rien votre sensation de culpabilité et votre gueule de bois.

Mais ici, on est entre amis et les amis ça ne juge pas, ça aide, alors haut les cœurs ! On vous le dit, c’est bien de boire tous les samedis, mais c’est encore mieux de décuver bien au chaud dans son canapé, dans son lit ou dans son canapé-lit. Ce soir L’œil du Kraken vous propose de vous accorder avec la météo et vous invite à visiter le charmant village de Sleepy Hollow.

En 1799 la brume n’est plus assez épaisse pour masquer les cadavres décapités qui jonchent les chemins emboués de la petite bourgade de Sleepy Hollow. Face à cette vague de meurtres sanglants et à la disparition de toutes ces têtes, les pontes de la ville appellent Ichabod Crane à la rescousse. Le jeune officier de police prônant une nouvelle approche d’investigation, à mi-chemin entre la technique Esprits Criminels et celle des Experts, répond présent et quitte New-York pour mener enquête. Mais les méthodes scientifo-cartésiennes de l’ancêtre de Columbo vont se retrouver mises à mal par les superstitions, la sorcellerie et surtout la présence d’un cavalier sans tête mort depuis des années, cleptomane notoire et assassin à temps plein bien décidé à squatter pour continuer à tuer. Ainsi, c’est entre remèdes fait à base de patte de corbeau, de bastons musclées et de coups d’épée que Crane fraîchement associé à un enfant va tenter de percer le mystère de ce génocide visiblement perpétré par un fantôme psychopathe.

Sleepy Hollow ne fait pas défaut à la filmographie de celui qui ne voulait pas vraiment grandir. Adapté de la nouvelle de Washington Irving, le film réuni tous les ingrédients chers à la recette Tim Burtonnienne. Mêlant horreur, thriller et romance ce conte gothico-horrifique nous plonge dans un univers aussi noir qu’humoristique. Si ce mix de genre abouti à un résultat séduisant il peut néanmoins laisser quelques personnes perplexes. Le cabotinage de Johnny Depp – alors encore frais – peut agacer comme amuser, l’atmosphère angoissante sans jamais devenir vraiment terrifiante peut transporter, ou pas. Mais une chose est sûre, l’histoire sait prendre son spectateur, et l’envie de découvrir le « pourquoi du comment » éveil la curiosité au fur et à mesure que les minutes s’égrainent et que les meurtres s’accumulent. En ce sens, on peut dire que le suspens est plutôt bien maîtrise et le cinéaste sait passer la sixième quand il le faut, soit pile au moment où le public fatigue un peu des décapitations en cascade sans qu’elles ne trouvent encore de raisons.

Sans oublier que l’amour et le sexe font vendre, Tim Burton n’omet pas de greffer un peu de love à son sanglant récit et montre encore une fois qu’il n’a pas son pareil pour dépeindre l’émoi amoureux. Tout en finesse et en bizarrerie enfantine, l’histoire d’amour pudique et enchanteresse qui naît entre Ichabod et Katrina est tout bonnement… adorable !

Au même titre que les genres, Sleepy Hollow érige haut les couleurs, ou le manque de couleur, du réalisateur. Tout en noir et blanc et gris, l’esthétique fait la part belle au contraste presque brutal qui contribue à planter le décor de film d’horreur, toile de fond du récit. La forme visuelle pique autant qu’elle caresse, encerclé d’arbres décharnés et enveloppé d’une brume duveteuse le spectateur pénètre doucement, mais sûrement, dans cet univers onirique où règne une certaine poésie.

Ainsi, même pour ceux qui ne considèrent pas Tim comme leur gars sûr cinématographiquement parlant, une petite virée à Sleepy Hollow ne sera désagréable pour personne, encore moins un dimanche soir.

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