Ozark

Création de  Bill Dubuque et Mark Williams.

Avec Jason Bateman, Laura Linney, Sofia Hublitz, Julia Garner

Nombre de saisons : 1

Nombre d’épisodes : 10

Chaîne d’origine Netflix

Diffusion : à partir de 21 juillet 2017

 

Comme chacun sait, durant les vacances, il est d’usage d’allier plaisir et plaisir.

Si les enfants troquent leurs pénibles devoirs pour des Passeport Vacances (sentez l’ironie de celui qui écrit), il n’y a pas de raison que les adultes se farcissent huit pages d’analyse de série durant la période estivale. C’est guidé par cet esprit magnanimement ludique que nous avons choisi de vous présenter le nouveau-né Netflix Ozarks en jouant au jeu (sacro-saint d’entre les saints) des 5 Familles (Don Corleone si tu nous entends).

Dans la famille ambiance, je voudrais… une sacrée ambiance et en territoire redneck s’il vous plaît ! 

Se situant dans la douce contrée du lac Ozark, Missouri, la série met en avant cette région où les piscines restent souvent vides et où les rayons du soleil sont toujours gris. Nous plongeant dans cet environnement où l’on est à deux doigts de rencontrer des fantômes de bisons pendant que le pasteur officie sur un bateau entouré de ses fidèles qui n’ont de bancs que ceux de leur embarcation, et, où la loi du talion règne en maître. Puisant dans l’ambiance de cette contrée peuplée d’habitants qui règlent leurs comptes à coups de gunshot et de lancer de cadavres d’opossums, Ozark fait carton plein avec le premier membre de cette famille. Réussissant admirablement bien à créer un climat lourd sans être pesant, la série déroule son histoire dans une atmosphère où la tristesse des situations est toujours rattrapée par des moments et des personnages amusants, composants ainsi une ambiance tragi-comique particulièrement trash et équilibrée.

Dans la famille histoire, je voudrais… une déception. (Pas que nous souhaitions réellement une déception, ça n’est que pour la mise-en-scène n’est-ce pas.)

Le membre de cette famille nous a lui aussi bien surpris, dans des termes moins positifs que le précédent. Le récit de cette famille obligée de quitter la cité du vice (Chicago) car le papounet conseiller fiscale et blanchisseur d’argent à ces heures perdues, se retrouve dans des problématiques mafieuses dont il est forcé de se sortir en allant laver son argent sale ailleurs a tout pour plaire sur le papier. S’inspirant du schéma Malavita mettant enfants et maman à contribution, Ozark joue dans la cour des séries à rebondissements incessants. Mais vous le savez et nous le savons, trop de rebondissements tuent le rebondissement. Les tribulations ininterrompues ont tendance à user la narration jusqu’à la corde et finissent par lasser. L’aspect « comment faire d’une gargotte the place to be of the country/to make money » où encore celui de la reconversion professionnelle du pater familias en respectable patron de strip-club sont assez intéressants, mais, polluer par les trois cent soixante histoires parallèles le fil conducteur du récit se perd et le netflixien a du mal à dénouer le sac de nœuds pour se reconnecter au cours du problème. Pourtant, et là est la surprise, le résultat de toutes ces embrouilles est toujours intrigant. Bien que le développement se perde dans les abymes des trop nombreuses aventures – laissant la possibilité de décongeler son congélateur sans mettre sur pause – le dénouement fait dresser les oreilles et stop toutes activités ménagères. Voilà pourquoi le spectateur finit par suivre, par intermittence, ces dix épisodes d’une heure chacun, et, souhaite malgré tout savoir ardemment ce qu’il en sera de la seconde saison.

Dans la famille sentiments, je voudrais… des larmes et de la retenue.

Comme l’ambiance, les sentiments dans la série trouvent un bon équilibre entre sourire et émoi. Contrairement à l’histoire ici le côté un peu tout much trouve sa crédibilité. La froideur apparente des personnages oscille avec des épisodes de submergement émotionnel, appuyant l’appartenance des protagonistes à l’espèce des gens que l’on qualifie de bizarre sans pour autant manquer de réalisme. Les histoires rocambolesques qui rythment leur existence laissent toujours la place au quotidien familial de continuer et de compter, n’oubliant jamais de rappeler les sentiments éprouvés par l’ébranlement de leur vie. Bien que ce soit le métal de l’argent qui coule dans leurs veines, les membres de la famille Bird ne deviennent pas tout à coup une bande super-héros vivant du pêché. Chacun garde les problèmes et sentiments propres à leur âge et leur personne donnant ainsi des accents de tragédie personnelle et familiale à la série.

Dans la famille personnages, je voudrais… une belle bande de tarés !

Si l’écriture du scénario ne compte pas dans les points forts de la série, l’écriture des personnages l’est. Avec deux excellents parents et acteurs qui tiennent les rennes (Jason Bateman et Laura Linney) d’un convoi de personnages haut en couleur, Ozark nous offre une brochette de redneck à l’accent trainant aussi impitoyables que amusants. Entre la petite Ruth (Julia Garner) jeune fille à qui la vie a appris comment blinder son cœur et se servir d’un fusil, Jonah (Skylar Gaertner) le fils érudit qui a toutes ses chances dans le monde le finance et de l’illégalité, Buddy (Harris Yulin) le propriétaire de la famille Bird qui aime se promener nu en traînant son oxygène et en balançant des punchlines, ou encore le couple Snell (Peter Mullan et Lisa Emery) trafiquants locaux folkloriques et soupe-au-lait presque toujours un doigt sur la gâchette : il y a le feu au lac ! (C’est les vacances le droit de faire des blagues limites est un devoir). La série n’oublie aucun protagoniste sur le bord de la route et donne à chacun son petit je-ne-sais-quoi capable de le rendre agréable et divertissant.

Dans la famille conclusion, vous voudriez… une conclusion.

Alors nous vous la donnons :

Ozark ne tient pas toutes ses promesses scénaristiques, mais offre des bonus inattendus. Avec pas même une once de « Teletubbies attitude », cette série sombre réussi avec brio à ne jamais plomber son ambiance et sait être intéressante autrement que par son histoire.

Trépidante peut-être pas, mais intrigante oh que oui.

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